Le Puy du Fou de l'an 800 à nos jours ou plongez dans l'extraordinaire épopée d'un lieu devenu légendaire. Du haut d'une colline vendéenne, le Puy du Fou raconte plus de mille ans d'histoire française, des fortifications gauloises aux spectacles grandioses d'aujourd'hui. Cette aventure unique mêle patrimoine, passion et innovation pour créer un des sites culturels les plus visités de France. Chapitre 1 : Les Origines Anciennes et Médiévales Les premiers chapitres de l'histoire du Puy du Fou s'écrivent dans la brume des temps anciens, lorsque les Gaulois dominaient ces terres verdoyantes. Cette période fondatrice, qui s'étend de l'Antiquité jusqu'à la fin du Moyen Âge, pose les bases d'un héritage millénaire qui continue de fasciner les visiteurs d'aujourd'hui. Le site du Puy du Fou n'est pas un lieu ordinaire : c'est un témoin privilégié des grandes transformations qui ont façonné notre civilisation. Des cultes païens aux forteresses féodales, chaque pierre, chaque colline raconte une histoire de survie, de pouvoir et d'adaptation face aux invasions et aux bouleversements politiques. Le Puy du Fou, une terre millénaire L'histoire du Puy du Fou commence bien avant le Moyen Âge, dans les profondeurs de l'époque gauloise. Le nom même du site révèle ses origines mystérieuses : "Puy du Fou" trouve ses racines dans le latin podium, signifiant colline, et fagus, désignant le hêtre. Cette "colline du hêtre" n'était pas simplement un accident géographique, mais un lieu sacré les Gaulois vénéraient leurs divinités. Sur ce promontoire stratégique s'élevait un oppidum en bois fortifié, une place forte typique de la civilisation celtique. Ce site défensif était également un lieu de culte dédié à Belenos, le dieu solaire vénéré dans toute la Gaule. Les Gaulois choisissaient soigneusement l'emplacement de leurs sanctuaires, privilégiant les hauteurs qui offraient à la fois une position défensive et une proximité symbolique avec le ciel. Au début du Moyen Âge, alors que les raids vikings terrorisaient les côtes et remontaient les rivières, le site du Puy du Fou connut une nouvelle transformation stratégique. L'ancien oppidum gaulois fut réaménagé en motte féodale, une structure défensive caractéristique de cette période troublée. Une tour de bois fut érigée sur une butte artificielle, entourée de fossés profonds qui décourageaient les assaillants. Cette évolution architecturale témoigne de la capacité d'adaptation des populations locales face aux menaces extérieures, préservant ainsi la continuité d'occupation d'un site stratégique depuis plus de mille ans. Le château médiéval du XIe au XVe siècle Le XIe siècle marque un tournant décisif dans l'histoire du Puy du Fou avec l'émergence de la famille du Puy du Fou et la construction du premier château en pierre. Renaud, ancêtre fondateur de cette lignée noble, entreprit de remplacer les fortifications de bois par une imposante forteresse de pierre. Ce château médiéval, dont les ruines subsistent encore aujourd'hui, présentait une architecture remarquable avec son plan hexagonal, son donjon central et ses tourelles d'angle qui assuraient une surveillance complète des environs. À l'ombre de cette forteresse, le village voisin de Bourg-Bérard connut une période de prospérité remarquable du XIIe au XVe siècle. Ce bourg médiéval abritait artisans, commerçants et paysans qui bénéficiaient de la protection du château. Les marchés hebdomadaires attiraient les habitants des villages aux alentours, créant un centre économique dynamique dans cette région de Vendée. Malheureusement, la Guerre de Cent Ans mit brutalement fin à cette ère de prospérité. Les troupes anglaises, dans leur avancée destructrice à travers la France, ne laissant que ruines et désolation. Le château lui-même subit de lourds dommages durant ces années sombres, symbole de la violence qui ravagea le royaume pendant plus d'un siècle. La renaissance du site survint au XVe siècle grâce à Guy du Puy du Fou, qui entreprit la reconstruction ambitieuse d'un nouveau château. Ce nouvel édifice symbolisait la puissance retrouvée de la famille du Puy du Fou et marquait le début d'une nouvelle ère pour le domaine. Les tourelles élancées, les grandes fenêtres et les ornements sculptés témoignaient de l'influence croissante de l'humanisme et de l'art italien sur l'aristocratie française. Le château devint non seulement une forteresse, mais aussi une résidence seigneuriale se déroulaient réceptions et fêtes, affirmant le statut social de ses propriétaires dans la hiérarchie nobiliaire du royaume. Ruines médiévales du château du Puy du Fou Aujourd'hui encore, les vestiges du château médiéval et Renaissance du Puy du Fou témoignent de cette histoire millénaire. Les ruines, avec leurs murailles de pierre patinées par les siècles, leurs tourelles tronquées et leur donjon partiellement effondré, exercent une fascination particulière sur les visiteurs. Ces pierres anciennes racontent silencieusement les batailles, les fêtes, les naissances et les morts qui ont ponctué la vie de ce lieu pendant des siècles. Les ruines du Puy du Fou ne sont pas de simples vestiges architecturaux : elles constituent le cœur historique et émotionnel du parc actuel. Ces pierres centenaires servent de décor naturel à la célèbre Cinéscénie, créant une connexion tangible entre le passé et le présent. Lorsque les spectateurs assistent aux spectacles nocturnes, ils sont littéralement entourés par l'Histoire, les murailles illuminées devenant les témoins silencieux d'une narration qui traverse les siècles. L'état de conservation de ces ruines, bien que partiel, permet de distinguer clairement les différentes phases de construction et de reconstruction qui ont marqué le site. Les archéologues et historiens ont pu identifier les fondations du château médiéval du XIe siècle, les modifications apportées durant la guerre de Cent Ans, et les embellissements Renaissance du XVe siècle. Cette stratigraphie architecturale offre une lecture fascinante de l'évolution des techniques de construction et des goûts esthétiques à travers cinq siècles d'histoire française. Chapitre 2 : De la Renaissance à la Révolution Française Entre le XVI et le XVIII siècle, le Puy du Fou traverse une période contrastée, oscillant entre périodes de prospérité aristocratique et moments de violence révolutionnaire. Cette époque charnière voit la transformation du château en résidence seigneuriale élégante, avant que les tourments de la Révolution française ne viennent bouleverser l'ordre ancien et plonger la région dans un conflit sanglant. La guerre de Vendée, épisode tragique et controversé de l'histoire française, marquera profondément l'identité de la région et constituera plus tard un élément central de la narration historique développée au Puy du Fou. Cette période tumultueuse forge la mémoire collective vendéenne et pose les fondations d'un récit identitaire qui résonne encore aujourd'hui. Le château et la famille du Puy du Fou à la Renaissance Architecture hybride Le château Renaissance du Puy du Fou représente une transition fascinante entre l'architecture militaire médiévale et le confort résidentiel moderne. Les architectes ont conservé certains éléments défensifs comme les tours d'angle et les meurtrières, tout en introduisant de grandes fenêtres à meneaux, des escaliers monumentaux et des salles d'apparat richement décorées. La famille du Puy du Fou La lignée du Puy du Fou s'illustra particulièrement durant la Renaissance, participant activement à la vie politique et militaire de la région. François et Catherine du Puy du Fou, personnages historiques dont les destins sont évoqués dans les spectacles actuels, incarnent cette noblesse provinciale attachée à ses terres et à ses traditions. La Terreur révolutionnaire La Révolution française marqua brutalement la fin de l'Ancien Régime et du mode de vie aristocratique. Le château du Puy du Fou, symbole de la féodalité honnie par les révolutionnaires, subit les ravages de la Terreur. Les biens de la famille furent confisqués, les bâtiments partiellement détruits ou laissés à l'abandon. Cette période Renaissance représente l'apogée de la puissance de la famille du Puy du Fou. Les seigneurs du domaine entretenaient des relations avec la cour royale et participaient aux grandes affaires du royaume. Le château devint un centre de vie culturelle se tenaient bals, concerts et réceptions, reflétant l'influence croissante de l'humanisme et des arts dans la société nobiliaire française. La Guerre de Vendée et Charette, héros local La   guerre   de   Vendée , qui éclata en 1793, constitue l'un des épisodes les plus controversés et tragiques de la Révolution française. Ce conflit opposa les armées républicaines aux insurgés vendéens, majoritairement des paysans catholiques et royalistes, qui refusaient la conscription obligatoire, la Constitution civile du clergé et les persécutions religieuses imposées par la Convention. Levée en masse (mars 1793) Le décret de conscription obligatoire déclenche le soulèvement spontané des populations rurales vendéennes, attachées à leurs traditions et à leur foi catholique. Formation de l'Armée catholique et royale Les insurgés s'organisent sous la bannière du Sacré-Cœur, dirigés par des chefs charismatiques issus de la noblesse locale et d'anciens officiers royaux. Victoires initiales (1793) Les Vendéens remportent plusieurs batailles importantes contre les troupes républicaines, prenant le contrôle de villes comme Cholet et Saumur. Répression sanglante (1794-1796) La Convention envoie les "colonnes infernales" du général Turreau qui dévastent systématiquement la région, causant des dizaines de milliers de morts civils. François Athanase Charette de La Contrie (1763-1796) incarne parfaitement l'esprit de résistance vendéenne. Ancien officier de la Marine royale, Charette prit la tête d'une armée de paysans et mena une guérilla acharnée contre les forces républicaines pendant trois ans. Son courage, son sens tactique et son attachement à la cause royaliste et catholique en firent une figure légendaire de la région. Charette contrôla un vaste territoire dans le sud de la Vendée, établissant une administration parallèle et maintenant l'ordre malgré les conditions difficiles. Sa capacité à mobiliser et à inspirer les populations rurales, combinée à sa connaissance intime du terrain, lui permit de tenir tête à des forces républicaines souvent supérieures en nombre et en armement. Capturé en mars 1796 après des mois de traque impitoyable, Charette fut exécuté à Nantes le 29 mars 1796. Ses dernières paroles, selon la légende, furent : " Vive le Roi !" . Sa mort marqua la fin effective de la guerre de Vendée, bien que des poches de résistance subsistèrent encore quelques années. Le Puy du Fou actuel s'inscrit pleinement dans cette mémoire régionale, valorisant une vision de la Vendée martyrisée par la République. Les spectacles du parc évoquent régulièrement les héros vendéens, leur sacrifice et leur fidélité aux valeurs traditionnelles. Cette interprétation de l'histoire, portée notamment par Philippe de Villiers, fait du Puy du Fou non seulement un lieu de divertissement, mais aussi un vecteur de mémoire collective et d'affirmation identitaire pour la région vendéenne. Chapitre 3 : La redécouverte et la naissance du spectacle (1977-1989) Après plus d'un siècle et demi d'abandon, le château du Puy du Fou n'était plus qu'un amas de ruines envahies par la végétation. Pourtant, en 1977, un jeune homme visionnaire allait transformer ces pierres oubliées en un des sites culturels les plus extraordinaires de France. Cette renaissance spectaculaire marque le début d'une aventure unique qui révolutionnera le monde du spectacle vivant. L'histoire moderne du Puy du Fou commence par un pari fou : créer un spectacle historique grandiose avec des bénévoles, sur un site en ruines, sans moyens financiers importants. Ce qui aurait pu sembler impossible devint réalité grâce à l'énergie d'une communauté entière mobilisée autour d'un projet commun. Philippe de Villiers et la renaissance du Puy du Fou 13 juin 1977 : La découverte Ce jour-là, Philippe de Villiers, jeune élu local passionné d'histoire, découvre les ruines du château ancestral de sa famille, complètement envahies d'orties et de ronces. Loin de se décourager devant ce spectacle de désolation, il voit dans ces pierres millénaires l e potentiel d'un projet culturel ambitieux : raconter l'histoire de la Vendée à travers un spectacle vivant d'une ampleur jamais vue. L'idée peut sembler folle à l'époque. La France des années 1970 ne connaît pas encore les grands parcs à thème, et le spectacle vivant historique en est à ses balbutiements. Pourtant, de Villiers est convaincu que les Français ont soif de renouer avec leur histoire, de manière émotionnelle et spectaculaire plutôt qu'académique. La préparation de ce spectacle inaugural mobilise toute une région. De Villiers fait appel à des bénévoles de tous horizons : agriculteurs, artisans, enseignants, retraités, jeunes étudiants. Chacun apporte ses compétences : couture pour les costumes, menuiserie pour les décors, équitation pour les scènes montées, chant et danse pour les performances artistiques. Le 16 juin 1978, devant quelques spectateurs médusés, les comédiens bénévoles donnent vie à sept siècles d'histoire vendéenne. Le spectacle raconte l'épopée d'une famille paysanne fictive, la famille Maupillier, du Moyen Âge à la Seconde Guerre mondiale. Cette narration intimiste permet au public de s'identifier aux personnages et de vivre émotionnellement les grandes ruptures de l'histoire française. Le succès est immédiat et dépasse toutes les espérances. Les spectateurs de la première saison transforment ce pari audacieux en phénomène culturel. La presse nationale se fait l'écho de cette initiative originale, et les réservations affluent pour les saisons suivantes. Le Puy du Fou vient de naître, portant en germe le développement futur d'un empire du spectacle vivant unique au monde. Le succès phénoménal de la Cinéscénie pose rapidement une question stratégique : comment prolonger cette expérience unique au-delà de quelques soirées d'été ? La solution émergera naturellement : créer un parc de jour qui permettrait aux visiteurs de découvrir d'autres époques et d'autres spectacles, dans un format accessible aux familles avec enfants. Cette décision marquera le passage d'un événement saisonnier à une destination touristique majeure. L'ouverture du Grand Parc en 1989 représente un pari financier et créatif considérable. Il ne s'agit pas de copier les modèles américains de parcs à thème basés sur des personnages de dessins animés, mais d'inventer un concept original : un parc historique et culturel chaque spectacle raconte une époque, où l'émotion et l'authenticité priment sur les effets spéciaux. Le Puy du Fou ne se contente plus de raconter l'histoire de la Vendée : il embrasse l'histoire de France et même l'histoire mondiale, des arènes romaines aux tranchées de la Grande Guerre. Chaque nouveau spectacle devient un événement national, relayé par les médias et attirant des centaines de milliers de visiteurs supplémentaires. Le modèle économique du parc, basé sur le réinvestissement constant des bénéfices dans de nouvelles attractions, garantit un renouvellement permanent de l'offre. Les spectacles illustrent la philosophie du Puy du Fou : combiner rigueur historique et émerveillement spectaculaire. Les visiteurs repartent non seulement divertis, mais aussi enrichis culturellement, ayant appris des éléments concrets sur l'Antiquité romaine ou la fauconnerie médiévale. Cette dimension éducative, jamais pesante mais toujours présente, contribue au succès du parc auprès des familles et des établissements scolaires.
a) Une première question : Est-ce le lieu que donna son nom aux premiers seigneurs qui en furent propriétaires ? Ou ceux-ci imposèrent-ils le leur à la seigneurie ? Lorsqu'on se penche sur l'étymologie du Puy du Fou, on s'aperçoit qu'il s'agit bien d'un nom de lieu. Le Puy désigne une élévation, un podium si on veut. C'est un nom devenu commun en France, qui serait de source latine, et que l'on retrouve dans toutes les régions plus ou moins accidentées. Le mot "fou" qui y fut accolé prête à plus de fantaisie. Mais si l'on se rapporte à des auteurs comme Dauzat, on s'aperçoit qu'il s'agit de l'ancienne désignation du hêtre : "fagus", "fouteau". Fort de cette interprétation, on a admis généralement que le "Puy du Fou" désignait une élévation couverte de hêtres. Toutefois, dans cette région qui a vu s'élever des autels aux divinités païennes, le mont Malcus par exemple, et sans doute les Justices, on peut penser aussi à une déformation de "fonium" qui signifie "temple". B) La deuxième question : La première partie du mot ne fait aucun doute, dans le Haut-Bocage et dans une partie de la frange des Deux-Sèvres. Les élévations portent toutes le nom de PUY que la déformation populaire au cours des siècles a transformé en PIED, ou en PIE. Dans un vieil acte de fondation trouvé dans le chartrier de ROCHETEMER en les HERBIERS, et datant du "lundi d'avant la Toussaint 1358", on trouve "Dame Catherine Dau Puy dau Fo". La dénomination moderne étant "Puy du Fou", en vieux français LE FOU désigne un hêtre. Sur cette colline pierreuse, se serait élevé un hêtre, qui par sa rareté, ses proportions, devait être considéré comme un arbre sacré. Mais il ne faut pas oublier que dans la langue vulgaire, mélange de Français, de Latin et de Patois, et jusqu'au siècle dernier, LE PUY DU FOU se prononçait "PIED DAU FU". Le "FU" désigne le Feu, Feu Sacré, le Soleil, le premier dieu adoré par nos lointaines ancêtres. Ce soleil que chaque matin, les habitants voyaient se lever sur cette colline, où s'élèvera "LE VIEIL PUY DU FOU". Colline où devaient brûler les feux de l'ancienne Fête Gauloise, transformés par la Religion Catholique en les FEUX DE LA SAINT-JEAN. Alors, le PUY DU FOU, Colline du Soleil, Colline du Feu. Chacun peut exposer son opinion sur le sujet, mais la question reste posée !
On connait la définition de "Puy" signifiant colline, venant du mot latin "Podium". Mais "PUY" est aussi un nom donné au Moyen-Âge à des associations urbaines, confréries à la fois littéraires et religieuses qui organisaient des concours destinés à promouvoir la poésie spirituelle et mariale (honneur de la vierge Marie). Des soirées poétiques amicales et des concours de composition musicale, patronnées par quelque riche bourgeois, s'y déroulaient sous la présidence d'un "prince" (ou roi) du puy élu chaque année à la Chandeleur. Ces concours consistaient aussi à la distribution de quelques prix donnés à ceux qui avaient fait les meilleures pièces de vers sur ce sujet. La plupart se situaient dans le Nord de la France. Parmi les plus célèbres citons le Puy d'Arras qui apparaît au début du XIIIe siècle, ou le Puy musical d'Évreux au XVIe siècle. On signale à Tournai dès 1250 les sociétés du Puy d'amour, chantant l'amour courtois et de la Table ronde, célébrant les nobles chevaliers du temps jadis. Ceux de Valenciennes (dès le XIIIe siècle), d'Amiens (Confrérie du Puy Notre Dame), de Douai (Puy de l'Assomption) et de Lille furent également très actifs.
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